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Séminaire doctorants du 9 mai 2016

Séminaire doctorants du 9 mai 2016

Ce séminaire sera un temps de travail autour d’une définition du développement professionnel, travail initié lors d’un séminaire de l’axe 3

De 10h00 à 12h00 en salle B116

Ce séminaire se donne pour objectif de poursuivre un travail initié dans l’axe 3 sur le développement professionnel par Corinne Ambroise et Philippe Cury.

- La modalité de travail : Une définition "martyre" (qui se sait imparfaite) a été posée, il s’agit d’en prendre connaissance, de s’en saisir en amont du séminaire afin de pouvoir la challenger le jour de notre reunion.

Le développement professionnel correspond à la dynamique individuelle et collective de construction continue mais non uniforme ou linéaire de compétences permettant de faire face de manière performante et reconnue à des situations critiques. Cette dynamique est entendue comme "professionnalisation"

- Les implicites :

  • dynamique  : un mouvement qualitativement et quantitativement descriptible
  • individuelle et collective : les deux sont indissociables (l’activité individuelle n’existe pas ; autrui est toujours présent, éventuellement de manière médiatisée (un note, une prescription, une destination...)
  • construction : parti pris constructiviste, une compétence se construit dans l’épreuve de situations critiques sensibles
  • continue mais non uniforme ou linéaire : dans nos approches "cliniques" des situations de travail (études de cas), le singulier compte. Aucune situation n’est strictement identique à une autre. Chaque situation est donc une occasion de sédimenter une expérience. Néanmoins, certaines expériences (épreuves au sens d’éprouver) comptent davantage, marquent plus. Il y a des accélérations, des stagnations, des régressions. Un développement peut se différencier d’un apprentissage du fait que le premier relève d’une réorganisation majeure de l’activité (accommodation)
  • compétences pour faire face : la compétence se constate dans la vraie vie, sur le terrain, dans l’acte et dans le corps. Certaines compétences œuvrent tout en échappant à la conscience de celui qui les mobilisent (le propre de l’expertise). Les compétences à faire face à des situations réelles mobilisent simultanément différents registres (corporel, cognitif, sensible), bien que certains de ces registres puissent être dominants selon les situations
  • performante : il n’y a pas de santé au travail sans perception de sa performance. la performance peut être décrite de nombreuses manière, par différents acteurs. Les conflits de critères sur l’évaluation de la performance sont à la fois une source majeure de souffrance au travail mais aussi un levier essentiel de développement s’ils sont travaillés
  • reconnue : la reconnaissance de ceux qui compte aux yeux de l’acteur étudié (soi, ses pairs, sa hiérarchie, les destinataires de son activité, ses proches). La dimension identitaire renvoie au sentiment du travail bien fait
  • les situations critiques : nous ne pouvons étudier toutes les situations de travail. Le chercheur met en place un processus qui permet d’identifier les situations critiques pertinentes : celles qui mettent à l’épreuve l’acteur, l’objet de recherche, la performance d’un collectif ou d’un système.

Nos démarches impliquent donc d’une manière ou d’une autre une diversité d’acteurs. En ce sens elles relèvent toutes de l’intervention : elles créent une expérience qui ne serait pas advenue sans le chercheur et sa propre activité. Les pratiques de recherche peuvent chercher à en minimiser les effets ou à les optimiser.

Nos dispositifs d’intervention (recherche, formation, etc.) visent à soutenir la dynamique de professionnalisation ici décrite. Cette dynamique existe indépendamment du chercheur : faire son milieu, être normatif, se construire par la réussite aux épreuves qu’offrent la résistance du réel aux anticipations que je peux en faire, constitue une ambition identitaire pour chacun (dispositif ou pas, chercheur ou pas)