Participation au projet « Enfances de classe et de genre : primes socialisations sous contraintes multiples d’enfants âgés de 5-6 ans »

Participation au projet « Enfances de classe et de genre : primes socialisations sous contraintes multiples d’enfants âgés de 5-6 ans »

Participant (Laboratoire ACTé)

Marianne Woollven
Emmanuelle Zolesio

Présentation

Participation au projet « Enfances de classe et de genre : primes socialisations sous contraintes multiples d’enfants âgés de 5-6 ans » (PRIMSOC) financé par l’ANR et coordonné par Bernard Lahire (Professeur de sociologie à l’ENS de Lyon), porté par l’équipe DPCS (Dispositions, Pouvoirs, Cultures, Socialisations) du Centre Max Weber (UMR 5283 CNRS).

Ce projet vise à étudier les processus et les acteurs de la socialisation d’enfants âgés de 5-6 ans. Travailler sur de jeunes enfants est essentiel étant donnée l’importance des effets de la socialisation précoce sur le destin des enfants. Les temps des primes socialisations et des premiers apprentissages jouent, en effet, un rôle décisif dans le façonnage social des individus, dans la constitution des premières dispositions mentales et comportementales (dispositions à croire, apprécier, sentir, penser, agir) qui vont les marquer durablement. Ces dispositions ne sont pas « neutres » socialement : elles constituent des ressources morales, culturelles, scolaires, économiques, corporelles et en matière de santé ou, au contraire, des « handicaps » ou des obstacles à la réussite scolaire et professionnelle. En saisissant ces processus de constitution précoce des inégalités sociales, de classe et de genre, le projet entend contribuer à éclairer « les mécanismes qui sous-tendent la reproduction des inégalités » dans la société française contemporaine (cf. appel à projets du défi « Sociétés innovantes, intégrantes et adaptatives ») et apporter ainsi des connaissances utiles à la mise en œuvre des politiques démocratiques de réduction des grandes inégalités.

Le projet PRIMSOC souhaite combler deux lacunes. Celle de la plupart des approches sociologiques de l’enfance tout d’abord, qui négligent les effets de la différenciation sociale ; celle des enquêtes statistiques ensuite qui ne font que constater, de manière rétrospective, les effets de la socialisation, mais sans en étudier les modalités concrètes de manière empirique et ethnographique. Il existe en outre peu de travaux français consacrés aux socialisations lors de la petite enfance. L’enquête sociologique menée dans le cadre du projet proposé aura précisément pour objectif d’étudier ces socialisations de manière fine et approfondie afin de mettre au jour les multiples contraintes – et leurs effets conjugués – qui contribuent à la constitution précoce d’enfances de classe et de genre. L’étude sera menée à l’échelle de cas individuels, sans se limiter à un seul domaine de pratiques. Des études de cas très fouillées porteront sur 36 enfants, garçons et filles, issus de milieux sociaux variés et sur leur entourage : père, mère, frères et sœurs (et toute autre personne de la famille jouant un rôle important dans la socialisation de l’enfant), nourrice ou agents de crèches, enseignants d’école maternelle et camarades d’école ou de voisinage. Cette enquête inédite reposera sur un corpus de près de 200 entretiens approfondis auprès de ces agents socialisateurs des enfants, sur des observations ethnographiques dans les contextes pertinents accessibles aux enquêteurs (lieu de vie familiale, lieu de garde, école, etc.) et sur des analyses documentaires (carnet de santé, dossier scolaire, etc.). Les enfants eux-mêmes seront sollicités pour s’exprimer sur leurs préférences et pour produire des récits de présentation de soi.