La Guerre froide dans les manuels scolaires d’histoire français depuis 2011 : le roman national, suite… et fin ?

La Guerre froide dans les manuels scolaires d’histoire français depuis 2011 : le roman national, suite… et fin ?

Participant (Laboratoire ACTé)

Brigitte Morand

Présentation

L’enseignement de l’histoire a considérablement évolué (au gré d’expérimentations et de réformes plus ou moins durables) au cours de la seconde moitié du XXème siècle, tant dans ses contenus que dans ses méthodes. Depuis les années 2000 plus particulièrement, cet enseignement est l’objet de profondes mutations, quelles soient d’ordre didactique, historiographique ou idéologique.

Le chapitre sur la Guerre froide dans les manuels du secondaire fournit un excellent objet pour étudier ces évolutions. En effet, le discours des manuels scolaires sur la Guerre froide (le « texte-auteur », les documents iconographiques, les documents-textes, les cartes, les citations de référence…) reflète la conception que les auteurs ont, consciemment ou non, de la place de la France dans le monde. Après une remarquable continuité, voire stabilité (des années 60 au début des années 2000), le discours change brutalement dans les manuels scolaires les plus récents. Nous chercherons à identifier la part prise, dans cette évolution, par les nouvelles prescriptions (ruptures du récit chronologique, introduction d’études de cas) de même que celle due à l’actualisation historiographique. Nous posons aussi l’hypothèse que cette rupture tient en grande partie à un renversement de la vision que la société française, et en particulier ses acteurs politiques, se font de notre place dans le monde : celle d’un monde révolu, où la France n’occupe plus la place centrale. Pour être plus précise, disons que le discours des manuels semble refléter, implicitement, l’acceptation de cet état de fait.