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Un point de vue sociologique sur les transmissions familiales

Un point de vue sociologique sur les transmissions familiales

Gaële HENRI-PANABIERE est intervenue le 17 novembre 2014 lors du séminaire du laboratoire de 13h30 à 15h30.

Gaële Henri-Panabière, MCF à l’Université Paris Descartes et membre du Cerlis (Centre de recherche sur les liens sociaux), a présenté ses travaux de recherche au cours d’une intervention intitulée : Un point de vue sociologique sur les transmissions familiales.

- Résumé :

Les premiers travaux sociologiques sur les héritages familiaux ont permis de rendre raison des mécanismes de reproduction des inégalités scolaires (Bourdieu et Passeron, 1964). Il s’agissait de montrer en quoi le "capital culturel" transmis des parents aux enfants détermine des "chances" inégales de réussite scolaire. Cette perspective a été poursuivie et discutée lors de travaux sur des situations de réussite scolaire dans des familles où ce capital est faible ou inexistant (Lahire 2012) ou de difficultés scolaires statistiquement surprenantes, quand la dotation scolaire des parents "devrait" protéger les enfants de telles difficultés (Henri-Panabière, 2010a). Ces études ont permis de préciser à la fois la complexité de ce qui se transmet (se construit dans les relations familiales) et les conditions de cette transmission culturelle à l’aune de ce que requiert l’école de la part des élèves, notamment en termes de rapport au langage. Ces réflexions peuvent encore être affinées en mettant en perspective les transmissions culturelles verticales (entre générations) avec les transmissions horizontales (à l’intérieur d’une même génération). Ces relations sont en effet à analyser dans leur articulation qu’il s’agisse de la construction de goûts pour certaines pratiques culturelles (Court et Henri-Panabière, 2012) ou du rôle des aînés dans la réussite scolaire d’enfants issus de familles nombreuses (Vanhee _et alii_, 2013).

- Liens avec les axes scientifiques de notre unité de recherche :

La thèse de l’auteur de Gaële Henri-Pabanabière, publiée en 2010 sous le titre Des héritiers en échec scolaire, pose la question de la transmission et entrera directement en résonance avec les travaux de l’axe 1. A travers cette enquête mobilisant méthode quantitative et méthode qualitative, elle pose la question de la (non-)transmission pour les exceptions statistiques que représentent les enfants issus de milieux fortement dotés en échec scolaire et des conditions de possibilité de la transmission de ces capitaux scolaires. Qu’est-ce qui se transmet, ou alors ne se transmet pas alors que ces enfants de familles aisées auraient du point de vue de la statistique toutes les probabilités d’échapper à l’échec scolaire ? Elle met au jour des conditions sociales, notamment en termes de configurations familiales ou d’accidents biographiques, qui font que la transmission peut être "brouillée". L’attention portée à la transmission verticale (parents-enfants) et à la transmission horizontale (dans le cadre de son enquête sur les fratries nombreuses) permet aussi d’apporter des éléments pour réfléchir à la question des relations asymétriques, centrale dans les préoccupations de l’axe 2.

- Quelques références bibliographiques :

Bourdieu P., Passeron J-C,1964, Les héritiers. Les étudiants et la culture, Paris, Minuit.

Court M., Henri-Panabière G., 2012 « La socialisation culturelle au sein de la famille : le rôle des frères et sœurs », Revue française de pédagogie, n°179, p. 5-16.

Henri-Panabière G.,2012, Des "héritiers" en échec scolaire, Paris, La Dispute, 2010.

Lahire B., 2012, Tableaux de familles. Heurs et malheurs scolaires en milieux populaires, Paris, Seuil (1ère éd : 1995)

Vanhee O., Bois G., Henri-Panabière G., Court M., Bertrand J., 2013, «  La fratrie comme ressource. Le rôle des aînés dans les parcours scolaires des enfants de familles nombreuses », Politiques sociales et familiales, n° 111, Dossier fratries, p. 5-16.