Relations asymétriques Elus-Techniciens et Politiques Publiques sportives territorialisées

Cette opération de recherche analyse les relations asymétriques qui se tissent entre les élus et les techniciens dans le cadre de la construction des politiques publiques sportives territorialisées ayant, plus particulièrement, les loisirs et pratiques sportives et récréatives de pleine nature.

Participants

- Laboratoire ACTé

Ludovic Falaix

Présentation

Cette opération de recherche analyse les relations asymétriques qui se tissent entre les élus et les techniciens dans le cadre de la construction des politiques publiques sportives territorialisées ayant, plus particulièrement, pour objet les pratiques sportives et récréatives de pleine nature. Elle émet l’hypothèse que, dans le cadre du processus de construction d’une « ressource territoriale » (Gumuchian, Pecqueur, 2007), la nature de ces relations asymétriques s’orchestre selon trois types de configuration : politicienne, technocratique, ou co-construction de l’action publique. Cette opération de recherche entend donc questionner ce qui fonde la légitimité des élus et la reconnaissance de l’expertise technique lorsqu’il s’agit de déterminer les orientations stratégiques d’une construction territoriale. En effet, la légitimité des élus repose-t-elle sur les arbitrages électoraux ou cherchent-ils à la conforter en s’en remettant à l’expertise des habitants via la démocratie participative ? Le cas échéant, quel est le degré de participation des habitants vis-à-vis du processus décisionnel (Epstein, Donzelot, 2005) ? Par ailleurs, sur quels fondements repose l’expertise technique des cadres territoriaux en charge des services des sports et/ou du développement touristique ? Jouent-ils un rôle de « médiateur de politiques publiques » (Muller, 1990 ? 2005) ? Enfin, comment s’articulent les jeux de pouvoirs des acteurs institutionnels et la prise en compte des pratiques sociospatiales des habitants au sein des instances de gouvernance territoriale ? Ces questions permettent donc d’enrichir la notion propre au « système culturel localisé » (Corneloup, 2009).

Dans ce contexte, cette opération de recherche entend également réinvestir le concept d’habiter riches en controverses scientifiques dans le champ des sciences sociales (Paquot, Lussault, Younès, 2007 ; Berque, De Biase, Bonnin, 2008 ; Frelat-Kahn, Lazzarotti, 2012). Autrement dit, il s’agit d’appréhender si, dans le cadre des constructions territoriales ayant les sports de nature comme support, les acteurs publics (élus et techniciens) s’interrogent sur le fait que les modalités de développement local autorisent l’habitabilité des territoires c’est-à-dire l’opportunité conférée aux habitants de transformer le lieu - le chaos, en espace - le cosmos, afin qu’ils nourrissent ainsi leurs territorialités. En d’autres termes et au cœur des stratégies de développement local, il s’agit d’analyser la place concédée au fait que les « espaces reçoivent leur être des lieux et non de “L’”espace » (Heidegger, 1954), que la condition géographique des individus nécessite le passage de « l’espace spatialisé à l’espace spatialisant » (Merleau-Ponty, 1945). Ces problématiques formalisées à travers la nécessité d’élaborer une « géographie de l’intime », d’interpréter comment les individus se sentent « affectés en affection » (Zubiri, 1962) en révélant le « génie des lieux » (Pitte, 2010), renvoient donc à l’étude de l’habitabilité des territoires dans le développement des politiques territoriales afin de prévenir la surproduction potentielle de « non-lieux » (Augé, 1992) ou l’émergence de formes « d’acosmies » (Berque, 2008) induites par les choix stratégiques déterminés dans les procédures d’aménagement du territoire.

Enfin et en marge de ces questionnements, cette opération de recherche entend contribuer aux réflexions sur la professionnalisation en identifiant les besoins en termes de formations continues que pourraient soulever l’analyse des relations asymétriques entre élus et techniciens dans le cadre des productions territoriales. Cette opération de recherche souhaite également appréhender ce que recouvre pour les individus le fait « d’habiter en poète » (Heidegger, 1954) à travers l’analyse des nouvelles modalités de récréation sociospatiale entendues comme une opportunité de « recosmisation de l’existence » (Berque, 2008) et ainsi de prendre part au débat scientifique sur l’émergence d’un « après tourisme » (Bourdeau, 2012).

Pour connaître les autres opérations de recherches de l’axe 2, cliquez ici.