Établir les représentations enfantines du verbe

Participant (Laboratoire ACTé)

Pierre Sève

Présentation

Dans l’acquisition progressive du langage, le verbe apparaît bien après d’autres éléments, tels que les phatiques, les déictiques, le nom ou certains modalisateurs ; il semble qu’il apparaisse dans la phase que les psychologues désignent parfois sous le terme de "crise du non" ou de "première adolescence" : on peut faire la première hypothèse que l’apparition du verbe dans le langage enfantin est en relation avec une maturation identitaire profonde et la seconde hypothèse que ce que le verbe permet de dire est à ce point lié à l’identité du parleur qu’il en est comme une émanation, qu’il lui est transparent. Ces hypothèses pourraient expliquer la difficulté consistante que rencontrent les élèves dans l’objectivation de la notion.

Pour explorer ces hypothèses, une recherche qualitative est conduite avec l’aide d’une maîtresse de l’école maternelle : il s’agit de recueillir et d’analyser les particules verbales ou les verbes proprement dits qui apparaissent dans des tâches de verbalisation de situations ou d’émission de préférences par des élèves de trois ans suivis pendant une année. L’enjeu est de déterminer quelles sont les valeurs (aspectuelles, temporelles ou modales) qui sont alors privilégiées et quels traits morphologiques sont utilisées.

À la lumière des résultats obtenus, sur la base de l’hypothèse que l’explicitation grammaticale est facilitée quand elle vise les pratiques langagières familières aux élèves, on espère élaborer ultérieurement des dispositifs didactiques innovants afin de conduire des élèves nettement plus âgés (en CE1 et CE2) à construire des critères d’identification du verbe de manière plus aisée.

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