Actualité

Outils

  • Annuaire
  • Plan d'accès
  • Contact
  • Plan du site

Un ouvrage publié par des membres du laboratoire

Un ouvrage publié par des membres du laboratoire

Vient de paraître (octobre 2012) aux Presses Universitaires de Dakar Education à la Sexualité, Prévention du SIDA au Sénégal : l’Ecole et les Enseignants en première ligne. D’une étude des déterminants de l’activité à des propositions politiques par Fatou Diagne et Didier Jourdan

Grossesses précoces, avortement provoqué clandestin, infanticide, IST /SIDA, violences sexuelles autant de thèmes d’actualités qui se présentent comme des défis qui interpellent l’institution scolaire. Quel rôle doit jouer l’Ecole face à ces questions ? Y répondre de façon théorique et générale ne saurait être d’un grand secours. C’est en tenant compte de la réalité africaine et plus spécifiquement sénégalaise qu’il est possible de la traiter de façon pertinente. La prise en compte de ce contexte conduit accorder une place centrale à la population adolescente. En effet, au Sénégal 43,6% de la population a moins de 15 ans. Les adolescents âgés de 10 à 19 ans représentent quand à eux 24,6 %. Concernant la question des grossesses précoces, et de prévention des IST/SIDA les données bibliographiques révèlent que la population adolescente présente un taux élevé de cas résultant d’un taux bas d’utilisation des moyens contraceptifs dans un contexte caractérisé par une forte domination des valeurs culturelles traditionnelles. Les adolescents expérimentent au quotidien la tension existant entre un contexte social peu permissif sur les questions liées à la sexualité considérée comme un sujet tabou et la place de la sexualité dans les médias à l’heure de la globalisation.

A la complexité de la prise en charge de l’éducation sexuelle s’ajoute le fait que, cette éducation n’occupe qu’une place relativement secondaire parmi les missions assignées au système éducatif sénégalais. Pour autant, il n’y a guère de doute sur le fait que l’éducation à la sexualité est bien constitutive de toute éducation humaine. La difficulté tient au fait qu’elle touche au privé, à l’intime et concerne tant la sphère privée que la sphère publique ; chacune a une part à y jouer. A l’Ecole, éduquer à la santé et en particulier à la sexualité, c’est permettre à la personne de faire des choix éclairés et responsables, de garder sa liberté vis-à-vis des stéréotypes ou de la pression des médias et des pairs. L’éducation à la sexualité n’est ainsi pas l’affaire de spécialistes, elle relève de l’action quotidienne des adultes en charge de l’éducation des enfants au premier rang desquels les parents et les enseignants. Les spécialistes, notamment ceux issus du secteur de la santé, sont en position d’expertise, de formation et d’accompagnement.

L’actualité des mutations en cours dans la formation des enseignants liée à une inflation démesurée des missions confiées à l’Ecole, rend nécessaire une réflexion de fond. Il s’agit de penser une formation professionnelle qui articule les différentes dimensions du métier et permette à chacun d’identifier le rôle de l’Ecole et le sien propre dans ce domaine dont la finalité est l’émancipation de tous.

Cet ouvrage se propose d’abord de faire le point sur la façon dont l’Ecole peut contribuer à l’éducation à la sexualité et la prévention du SIDA à partir d’une évaluation des pratiques déclarées et une identification des représentations des enseignants quand à leurs rôles dans ce domaine. L’analyse des données collectées montre que l’activité des professionnels (formateurs comme enseignants du secondaire) ne se limite pas à la mise en œuvre des prescriptions. Le contexte social et culturel et les choix personnels apparaissent comme déterminants dans l’engagement des professionnels. Il apparaît aussi que le cadre institutionnel est perçu comme pu adapté aux enjeux actuels. Les derniers chapitres de notre ouvrage proposent des pistes concrètes dans trois domaines. La définition d’un cadre institutionnel plus explicite et renvoyant à une vision large de la sexualité (proposition de circulaire articulée au cadre juridique en vigueur). Des propositions pour l’organisation de modules de formation initiale et continue par les centres de formations (FASTEF et ENSETP). La création d’un cadre éthique pour l’intervention des organisations non gouvernementales dans le but d’articuler l’action de l’Ecole et celle de ses partenaires.

Cet ouvrage de 250 pages se veut au service de l’ensemble des acteurs de l’éducation comme de la santé publique en Afrique. Il est le fruit de quatre années de travail qui ont conduit à plusieurs publications et à une thèse de doctorat.